Profil de l’entreprise
Custom Coasters International, Inc., généralement abrégé en CCI, fut l’un des constructeurs de montagnes russes en bois les plus marquants des années 1990. L’entreprise est fondée en 1991 à West Chester, Ohio, par Denise Dinn Larrick, Randy Larrick et Jeff Dinn. Le nom Dinn reliait CCI à une tradition américaine plus ancienne du wooden coaster: Denise était la fille de Charles Dinn, dont la Dinn Corporation avait construit et déplacé des coasters en bois dans les années 1980. CCI reprend une partie de ce savoir-faire, mais lui donne un caractère plus agressif et plus international. RCDB attribue à l’entreprise 34 montagnes russes construites, dont beaucoup existent encore.
CCI se distingue par des rides en bois intenses, relativement abordables et fortement adaptés au site. Là où beaucoup de wooden coasters classiques suivaient de larges profils out-and-back réguliers, CCI privilégiait souvent les forces latérales, les changements rapides de direction, les virages proches du sol et les tracés qui épousent le terrain. L’entreprise travaille avec des designers et ingénieurs tels que Larry Bill, Dennis McNulty, Mike Boodley, Bill Kelley, Chad Miller, Korey Kiepert et Michael Graham. Son identité ne relève donc pas seulement de la charpente, mais aussi de l’ingénierie structurelle, de la maîtrise des coûts et de l’exploitation de la topographie.
Dans W8baan, CCI est surtout visible par trois installations européennes actives. Stampida et Tomahawk ouvrent en 1997 à PortAventura Park dans la zone Far West: Stampida comme wooden coaster de course à deux voies et Tomahawk comme coaster familial plus petit, enchevêtré autour de la grande structure. Tonnerre de Zeus, aujourd’hui Tonnerre 2 Zeus, ouvre la même année au Parc Astérix et sera ensuite largement renouvelé par The Gravity Group et Gravitykraft. Ces trois rides montrent la manière dont CCI travaillait hors d’Amérique du Nord: thèmes propres au parc, grandes structures en bois et tracés qui restent reconnaissables malgré les nouveaux trains, le retracking et la modernisation.
La période de production du constructeur fut courte mais très dense. Aux États-Unis et ailleurs, CCI livre notamment Kingdom Coaster, The Raven, Megafobia au pays de Galles, Shivering Timbers, GhostRider, Tremors, The Boss, Boulder Dash, Medusa et New Mexico Rattler. Sa base financière s’avère cependant fragile. En 2002, alors que New Mexico Rattler est encore en construction, CCI dépose le bilan puis est liquidée. L’héritage reste considérable: Denise Dinn Larrick rejoint S&S, tandis que Larry Bill, Chad Miller, Korey Kiepert et Michael Graham fondent The Gravity Group. L’influence de CCI se prolonge ainsi dans les wooden coasters modernes, les projets de retracking, les trains Timberliner et la redécouverte de tracés en bois très dynamiques.
Histoire
L’histoire de Custom Coasters International commence après la fin de la Dinn Corporation. Charles Dinn avait joué dans les années 1980 un rôle important dans le retour de nouvelles montagnes russes en bois aux États-Unis, mais son entreprise cesse ses activités au début des années 1990. En 1991, Denise Dinn Larrick, Randy Larrick et Jeff Dinn créent une nouvelle société à West Chester, Ohio. Les premières années produisent des projets petits ou moyens, comme Kingdom Coaster à Dutch Wonderland et Outlaw à Adventureland. L’entreprise acquiert vite la réputation de livrer des wooden coasters très typés à un coût relativement maîtrisable.
À partir de 1995, la croissance s’accélère. The Raven à Holiday World montre comment CCI peut transformer un terrain boisé compact en parcours intense. Suivent Timber Terror, Megafobia, Tonnerre de Zeus, Stampida, Tomahawk et Shivering Timbers. Les projets européens de 1996 et 1997 sont particulièrement importants: Megafobia donne une visibilité internationale à Oakwood, tandis que Tonnerre de Zeus et le duo de PortAventura rendent CCI visible dans de grands parcs européens.
Vers 2000, CCI atteint son plus fort volume de production avec The Boss, Boulder Dash, Medusa, Mega Zeph, Hurricane et The Legend. Cette croissance rapide augmente aussi la pression sur une organisation relativement petite. En 2002, l’entreprise rencontre des difficultés financières alors que New Mexico Rattler n’est pas encore terminée. Le parc finit finalement la construction lui-même. Après la fermeture, les compétences se dispersent: Denise Dinn Larrick rejoint S&S et plusieurs designers de CCI fondent The Gravity Group, qui rénovera ensuite certaines attractions CCI.
Le nom évolue de Custom Coasters Incorporated vers Custom Coasters International lorsque le carnet de commandes devient plus international. Cette ambition apparaît relativement tôt: CCI ne travaille pas seulement pour des parcs régionaux américains, mais aussi au pays de Galles, en France, en Espagne et au Mexique. Pour un jeune constructeur de wooden coasters, c’est inhabituel, car transport, équipes locales, normes et attentes des parcs varient fortement selon les pays.
Innovations et technologie
CCI se spécialise dans les montagnes russes en bois utilisant une voie traditionnelle, des structures de support en bois ou en acier et des trains fournis par des entreprises externes comme Philadelphia Toboggan Coasters. Le cœur technique réside dans le tracé et l’intégration structurelle. Les rides passent souvent bas dans les bois, les collines ou des zones existantes du parc, ce qui rend la vitesse et les forces latérales plus fortes que la hauteur ne le laisse penser. Sur Stampida et Tomahawk, CCI exploite l’effet visuel de structures en bois entremêlées; sur Tonnerre de Zeus et Boulder Dash, le paysage devient partie intégrante du parcours.
L’entreprise est moins connue pour une technologie brevetée que pour ses choix de design: bosses d’airtime rapides, transitions vives, longue durée de parcours, présence massive du bois et tracés dynamiques adaptés à chaque site. Certains projets utilisent des supports en acier sous une voie en bois, ce qui peut faciliter l’entretien ou l’intégration sur des terrains particuliers.
La contrepartie est que beaucoup de rides CCI demandent un entretien intensif. Les rénovations ultérieures par Great Coasters International, The Gravity Group, Gravitykraft, Rocky Mountain Construction ou les équipes locales montrent que les tracés originaux restent précieux, mais peuvent nécessiter des systèmes de voie et des trains modernes pour préserver confort et fiabilité.
La méthode technique de CCI commence généralement par la sensation recherchée. Le lift, la première descente et les virages ne sont pas pensés séparément de l’environnement, mais comme une suite de moments destinés à conserver la vitesse. Les ingénieurs doivent donc combiner chevalets en bois, fondations, contreventements et géométrie de voie avec l’espace disponible. Sur les rides racing ou duelling, le timing ajoute une contrainte: les deux voies doivent dialoguer visuellement sans dépendre d’une synchronisation parfaite. Les trains proviennent souvent de fournisseurs spécialisés, ce qui permet à CCI de se concentrer sur le tracé, la structure bois et la coordination du chantier.
Influence sur l’industrie
L’influence de CCI dépasse largement la courte durée de vie de l’entreprise. Dans les années 1990, le constructeur contribue à rendre les wooden coasters de nouveau attractifs pour des parcs qui ne disposaient pas toujours de budgets de grands coasters en acier. The Raven, Megafobia, Shivering Timbers, GhostRider et Boulder Dash attirent l’attention des passionnés et des observateurs professionnels, déplaçant l’image du coaster en bois moderne de la nostalgie vers l’intensité et la compétition.
En Europe, CCI joue un rôle clé dans la diffusion de grandes montagnes russes en bois hors des États-Unis. Megafobia, Tonnerre de Zeus, Stampida et Tomahawk prouvent que la construction américaine en bois peut fonctionner dans des parcs régionaux, des univers thématiques et des destinations touristiques. L’entreprise influence ainsi la manière dont les parcs européens peuvent utiliser le bois comme attraction majeure.
Après 2002, l’impact se poursuit par les personnes et les techniques. The Gravity Group prolonge l’expérience CCI, S&S expérimente une division bois avec Denise Dinn Larrick, et les rénovations ultérieures maintiennent de nombreux tracés CCI pertinents pour de nouvelles générations.
CCI influence aussi la position de marché des parcs indépendants. Un parc régional pouvait installer une attraction CCI et apparaître soudain dans les classements et discussions de passionnés à côté de destinations beaucoup plus grandes. C’est le cas d’Oakwood avec Megafobia, de Lake Compounce avec Boulder Dash et de Holiday World avec The Raven et The Legend. Le constructeur rend ainsi au wooden coaster une valeur marketing forte.
Activités actuelles
Custom Coasters International n’est plus en activité. L’entreprise ferme en juillet 2002 après des difficultés de faillite, et aucun site officiel actif ni ligne de production ne subsiste. Les sources associent son ancienne base à West Chester, Ohio. Les rides CCI existants sont aujourd’hui entretenus par les parcs eux-mêmes ou par des fournisseurs spécialisés pour le retracking, les trains et les rénovations structurelles.
La signification actuelle de CCI relève donc de l’exploitation et du patrimoine plutôt que de nouvelles commandes. Stampida, Tomahawk et Tonnerre 2 Zeus restent des rides actifs liés à W8baan, tandis que GhostRider, Boulder Dash et Shivering Timbers ont été adaptés aux attentes modernes grâce à la rénovation et à la maintenance.
Pour les parcs, le nom du constructeur vit donc surtout dans les dossiers techniques, la documentation historique et les plans de maintenance. Lorsqu’un ride CCI est renouvelé, l’objectif est souvent de préserver un caractère original apprécié tout en adaptant voie, trains, freins ou éléments de structure aux attentes actuelles de sécurité et de confort. Aucun nouveau projet CCI n’existe, mais les rides existants continuent de produire de la valeur publique.
Philosophie de design
La philosophie de design de CCI repose sur l’énergie, le terrain et une intensité maîtrisée par les coûts. Un coaster CCI n’a pas toujours besoin d’être le plus haut ou le plus rapide; il doit sembler vivant tout au long du parcours. Cela passe par de l’airtime rapide, des structures en bois denses, des forces latérales inattendues et des tracés proches du sol, des arbres, des collines ou d’autres sections de voie.
L’entreprise conçoit souvent avec les contraintes du parc plutôt que contre elles. Stampida et Tomahawk partagent le même espace thématique, Boulder Dash suit un flanc de montagne et Tonnerre de Zeus utilise une longue zone boisée. Cette approche rend les rides CCI distinctifs, mais exige aussi un entretien continu pour conserver une énergie maîtrisable.
Les meilleurs tracés CCI ressemblent ainsi moins à des exercices géométriques qu’à des parcours à travers un lieu. Le visiteur traverse une succession de bosses, tunnels, hélices, headchoppers et lisières boisées, tandis que la structure devient elle-même un élément de décor. Cette philosophie convient aux parcs cherchant une icône distinctive sans l’échelle ou le coût d’un hypercoaster. Elle explique aussi pourquoi beaucoup de rides CCI restent considérés comme des expériences originales reconnaissables après rénovation technique.